Le Domaine Le Grand Chemin à Lagraulet-du-Gers

Un chai remarquable au centre du village

Entouré de vignobles, Lagraulet-du-Gers, sur le trajet de la via Podiensis du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle ,est un petit village du Gers dans la tradition des castelnaux gascons.

On peut notamment y voir l’église Sainte-Madeleine ( 12ème siècle), les vestiges du château et de la tour carrée du Moyen-Âge, les douves ainsi que la chapelle romane Saint-Lannes isolée dans la campagne.
Curiosité plus récente: l’ancien  château d’eau, peint par l’artiste Jean-Paul Chambas en novembre 2009 offre un deuxième clocher au village.

Faune, flore et biodiversité sont remarquables sur 3 zones naturelles : la forêt de Gondrin, la lande du Broc     Blanc et la mare de Bazeilles.

Du langdocien « agraulo » (corneille) en passant par le latin, en gascon l’agreulet : feuille pointue, Lagraulet en français désigne la houssaie (lieu planté de houx).

 A coté de toutes ces richesses, se cache un véritable trésor en plein coeur du village, derrière une simple porte de maison : le chai du Domaine du Grand Chemin.

 Créé par Jean, qui a distillé sa première bouteille d’Armagnac en 1971 à partir de ses vignes , le chai a investi l’ancien atelier du grand-père tonnelier et ensuite une ancienne boulangerie adjacente. Chaque fût est un       millésime, avec ses références , volumes et dates écrites à la craie sur le tonneau en chêne pédonculé, le plus ancien étant daté de 1994. Merveille du terroir mais aussi du savoir faire et de la volonté de ce vigneron, ce lieu est chargé d’émotion, d’amitié avec la Confrérie du Prieuré des Pierres.

C’est aussi un lieu de transmission: les deux filles Martine et Christine ont gardé l’intégralité du chai, assuré sa commercialisation et c’est le petit fils Louis qui assure la relève avec création de sa ligne d’Armagnac « Le Grand Chemin » et renouvellement des plants.

Les Chemins d’Art et celui de ce Domaine ne pouvaient que se croiser pour offrir un moment intense de partage autour de la création .

Aria Maillot

 

https://ariamaillot.com

https://ddaoccitanie-emergence.org/artiste/aria-maillot

Aria Maillot est née en 1993, elle vit et travaille à Toulouse.

Son travail  épouse les contours de la peinture et de l’installation, mais il ne peut s’empêcher de   gonfler, de déborder, de lui échapper.   

Influencée par son ancienne carrière de cuisinière, elle construit des récits visuels où les transformations de la matière organique deviennent elles-mêmes narration. Elle s’approprie des symboles et des techniques issus de la peinture, en y intégrant des phénomènes physico-chimiques, pour établir des parallèles entre les métamorphoses de la matière et les dynamiques personnelles ou sociétales.

La comestibilité potentielle et la périssabilité de ses pièces instaurent une forme d’intimité sensible, presque digestive, avec le spectateur.

Le personnel peut alors devenir collectif, invitant à une réflexion sur la      condition humaine et notre rapport au vivant.

Mère de vinaigre, après deux mois, 2023,
Copains comme cochons, 2023, photo Franck Alix
A.G.E. (Advanced Glycation End-products) 2025

La blanche (têtes, coeur, queues) Cérémonies De la part de…

L’installation d’Aria Maillot pour le chai du Grand Chemin est composée de trois oeuvres distinctes, pour lesquelles l’artiste s’inspire des étapes de fabrication de l’Armagnac en les réinterprétant sous le prisme matériel, sémantique et symbolique.
La blanche (têtes, coeur, queues) est une série de bouteilles soufflées en verre, scellées à la cire, qui contiennent un liquide, fruit de la distillation à l’alambic du macérâte la robe de mariée que la mère de l’artiste lui a confiée. Leur forme résulte de l’empreinte intérieure de la robe capturée par le verre.
Ces bouteilles sont accompagnées par Cérémonies, un coffre en chêne, qui rejoue l’ancienne tradition du coffre de dot et permet de retracer les étapes du processus de travail.
De la part de… est une pièce textile où Aria Maillot intègre les tampons en tissus utilisés pour capturer l’évaporation de l’alcool des fûts.
Sujet récurrent dans le travail d’Aria Maillot, le sentiment du corps est ici présent dans toutes les étapes de la réflexion de l’artiste. Il s’articule dans cette installation avec la dimension temporelle, grâce à l’analogie entre l’Armagnac, matière vivante
dont la production est rythmée par des gestes se transmettant de génération en génération, et le corps de l’artiste, confronté aux interrogations suscitées par
les traditions familiales. « Têtes », « coeur » et « queues » sont en effet les termes associés aux trois étapes de distillation de l’Armagnac.
Par ailleurs, le processus de vieillissement entre la blanche, eau de vie fruit de la première distillation, et le chêne des fûts est défini comme un « mariage ».
Les formes issues des transformations de la robe de mariée, héritage maternel, constituent pour l’artiste l’occasion d’interroger les rituels familiaux, ceux qui scandent les étapes importantes de nos vies, et condensent à la fois les conventions sociales, mais aussi notre besoin de persister génération après génération.